La saison des récompenses continue de nous amener les bons films. Après la pléthore de la semaine passée, c'est cette fois au tour de HIDDEN FIGURES de Theodore Melfi, MOONLIGHT de Barry Jenkins et JACKIE de Pablo Larraín de vous redonner l'envie d'aller au cinéma. Pour ceux qui préfèrent l'action à la réflexion, xXx REACTIVATED, également connu sous le titre xXx: RETURN OF XANDER CAGE, de D.J. Caruso, vous fera attacher vos ceintures. Cinquième nouveauté, pour les gosses cette fois, TIMM THALER ODER DAS VERKAUFTE LACHEN a été réalisé par Andreas Dresen. Et last and probably least, RAID DINGUE de et avec Dany Boon n'a strictement rien pour m'intéresser. Il devrait donc très bien marcher...Jean-Pierre THILGES
Le film de la semaine
HIDDEN FIGURES ****
Titre français: Les figures de l'ombre
Réalisateur: Theodore MELFI
Avec Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monaé, Kevin Costner, Kirsten Dunst, Mahershala Ali
Scénariste: Allison Schroeder, Theodore Melfi,
d'après le livre de Margot Lee Shetterly
Directeur/Photo: Many Walker
Musique: Hans Zimmer, Benjamin Wallfisch, Pharrell Williams
USA 2016, 127 minutes
Au début des années 1960, alors que les États-Unis et l’Union soviétique rivalisent pour envoyer le premier homme en orbite autour de la Terre, Katherine Goble et Mary Jackson font partie d’une équipe de femmes noires employées par la NASA dans ses laboratoires en Virginie. Sous la supervision de Dorothy Vaughn, ces travailleuses effectuent des opérations mathématiques destinées à des ingénieurs blancs avec lesquels elles n’ont pas de contact. À l’aube d’une percée importante de l’URSS, Katherine est recrutée par le Special Task Group pour calculer les trajectoires de vol du programme Mercury auquel participe l’astronaute John Glenn. Au même moment, Dortohy et Mary reçoivent elles aussi de nouvelles assignations qui leur permettent de déployer leur plein potentiel...(Résumé: Régie du cinéma Québec)
Un feel-good movie de la meilleure sorte. Superbement interprété et réalisé avec beaucoup de doigté, ce film tout ce qu'il y a de mainstream, à la mise en scène classique, ce que certains lui reprocheront, vous raconte l'hsitorie vraie de trois amies afro-américaines dans l'Amérique de John F. Kennedy et du Docteur King, qui doivent se battre griffes et ongles pour que leurs talents soient reconnus par la NASA, où la ségrégation régne encore. Vous risquez de verser l'une ou l'autre petite larme! Quatre étoiles! Nommé pour l'Oscar du meilleur film.
Ce film lève le voile sur un pan méconnu de la lutte des Noirs pour l’égalité et de la conquête de l’espace par les Américains. Avec pour figure centrale Katherine Goble, veuve et mère de trois enfants qui, une fois remariée, deviendra Katherine Johnson, l’œuvre brosse le portrait de trois femmes déterminées à briser le carcan de l’oppression. Ainsi, on assiste à leur combat pour la reconnaissance professionnelle dans un monde d’hommes, mais surtout, dans un État ségrégationniste. En leur rendant hommage, Hidden Figures rappelle la guerre menée pacifiquement par les Afro-Américains contre l’indifférence aveugle des Blancs, voire l’hostilité de certains, à leur égard. (Régie Québec)
Feel-good drama reveals the largely untold way in which race factored into the U.S.-Soviet space race. Before IBM mainframes took over NASA’s number-crunching duties, the organization’s “computers” wore skirts. While an all-male team of engineers performed the calculations for potential space travel, women mathematicians checked their work, playing a vital role at a moment when the United States was neck-and-neck with (and for a time, running behind) the Soviets in the space race. As brash, bright, and broad as Hollywood studio movies come, “Hidden Figures” tells the story of three of these unsung heroes, all of them African-American, who fought a doubly steep uphill battle — as crusaders for both feminism and civil rights in segregated Virginia — to help put an American into orbit. (Peter Debruge/Variety)
L'autre film de la semaine
MOONLIGHT ****
Drame
Réalisateur: Barry JENKINS
Avec Alex R. Hibbert, Ahston Sanders, Trevante Rhodes, Mahershala Ali
Scénariste: Barry Jenkins
d'après la pièce de Tarell Alvin McCraney
Directeur/Photo: James Lexton,
Musique: Nicholas Britell
USA 2016, 111 minutes
Golden Globe du meilleur film dramatique
Enfant timide et silencieux, Chiron, surnommé Little, vit dans les quartiers les plus pauvres de Miami avec sa mère toxicomane. Adolescent, il découvre son homosexualité et s’attire les insultes quotidiennes de ses camarades d’école. Souvent intimidé par son entourage, il plonge profondément dans l’isolement et l’amertume. Jeune homme, Chiron devient un petit gangster comme son tuteur Juan et reprend sa relation amoureuse avec Azu...(Résumé: cinoche.com)
L'antithèse de HIDDEN FIGURES! Un film d'une densité dramatique tout à fait étonnante et qui ne ressemble à rien de ce que vous avez pu récemment voir au cinéma. Les acteurs sont tout à fait exceptionnels, la mise en scène se fait sans la moindre esbroufe, l'émotion nait d'un constant "understatement". Nous avons rarement vu un film aussi réussi et aussi juste mettant en exergue les conditions de vie d'un afro-américain. La lenteur de la narration de ce film extraordinaire n'est sans doute pas du goût de tout le monde, mais votre patience sera amplement récompensée. Quatre étoiles.
Barry Jenkins' vital portrait of a South Florida youth revisits the character at three stages in his life, offering rich insights into the contemporary African-American experience. What does it mean to be Black in America today? That question, too big for any one film to answer, serves as the driving inquiry in Barry Jenkins’ “Moonlight,” a beautifully intimate character study that argues in no uncertain terms that the African-American identity is far too complex to be reduced to the flimsy stereotypes so often presented on-screen. (Peter Debruge/Variety)
JACKIE
Drame biographique
Réalisateur: Pablo LARRAÍN
Avec Natalie Portman, Peter Sarsgaard, Greta Gerwig, Billy Crudup, John Hurt, Richard E. Grant
Scénariste: Noah Oppenheim
Directeur/Photo Stéphane Fontaine
Musique: Mica Levi
USA 2016, 100 minutes
Prix du meilleur scénario, Venise 2016
Jackie Kennedy accorde une interview à un journaliste quelques années après la mort violente de son époux John Fitzgerald Kennedy, assassiné le 22 novembre 1963 à Dallas. Pour l'ex-First Lady, c'est l'occasion de relater les quelques jours qui ont suivis ces heures funestes. Par exemple, en dépit des mesures de sécurité considérables prises par l'équipe du président Lyndon B. Johnson, elle demande à accompagner le cercueil de son mari jusqu'au bout. Robert Kennedy, très proche de son frère et dont les rapports sont tendus avec le nouveau président, lui apporte son soutien indéfectible...(Résumé: Télérama)
Un biopic tout ce qu'il y a d'inhabituel, par le réalisateur de NERUDA. Avec une Natalie Portman plutôt extraordinaire.
On imagine déjà les amateurs de biopic classiques se ruer sur Jackie et en ressortir décontenancés. Au lieu d'un traitement formaté, il s'agit indéniablement d'un film d'auteur impressionniste, nuancé et parfois exigeant, qui prend de véritables risques, autant formellement que dans sa façon de raconter une histoire connue de tous et toutes. Peu importe que l'on soit plus de type La vie en rose que I'm Not There, la présence incandescente de Natalie Portman fera l'unanimité et ce rôle risque de la propulser au sommet des prochaines cérémonie de prix. Ce sera amplement mérité. (Martin Guignac/cinoche.com)
Chilean helmer Pablo Larraín makes an extraordinary English-lingo debut with this daring, many-leveled portrait of history's favorite First Lady. (..) Eschewing standard biopic form at every turn, this brilliantly constructed, diamond-hard character study observes the exhausted, conflicted Jackie as she attempts to disentangle her own perspective, her own legacy, and, perhaps hardest of all, her own grief from a tragedy shared by millions. Provocative and entirely unsentimental in the speculative voice given to its subject’s most private thoughts on marriage, faith, and self-image, and galvanized by Natalie Portman’s complex, meticulously shaded work in the lead, “Jackie” may alienate viewers expecting a more conventionally sympathetic slab of filmed history. But in his first English-language project, Chilean director Larraín’s status as the most daring and prodigious political filmmaker of his generation remains undimmed. (Guy Lodge/Variety)
xXx: THE RETURN OF XANDER CAGE aka xXx REACTIVATED
Film d'action
Réalisateur: D.J. CARUSO
Avec Vin Diesel, Donnie Yen, Deepika Padukione, Kris Wu, Toni Collette
Scénaristes: F. Scott Frazier, Chad St. John
Directeur/Photo: Russell Carpenter
Musique: Brian Tyler, Robert Lydecker
USA 2017, 107 minutes
Alors que tout le monde le croyait mort, l’ex-agent de l’Agence nationale de sécurité Xander Cage, alias xXx, reprend du service afin de récupérer la Boîte de Pandore, une arme technologique qui menace l'intégrité de plusieurs pays. Avec l’aide des membres de sa nouvelle équipe, Xander devra empêcher par la même occasion le criminel Xiang et ses complices de le devancer dans sa mission...(Résumé: Régie du Cinéma Québec)
Le long métrage se trouve plus près d'un Shoot'em Up que The Expendables au niveau de l'exagération chronique. Les abracadabrantes et spectaculaires scènes d'action doivent bien durer chacune 15 minutes, l'humour niais coule à flots et les amateurs du genre risquent d'être divertis. Le scénario ne possède évidemment aucune once d'originalité, les répliques sont pitoyables, les personnages unidimensionnels et les blagues sexistes risquent d'enrager les féministes. Il y a toujours un risque à pousser à l'absurde le concept d'un James Bond et la subtilité n'est pas la tasse de thé de cette production. (Martin Gignac/cinoche.com)
Evolving from groanworthy stupidity to entirely self-aware stupidity, this Vin Diesel franchise reboot has an undeniable numbskull appeal. (Variety)
TIMM THALER ODER DAS VERKAUFTE LACHEN
Jugendfilm
Regisseur: Andreas DRESEN
mit Arved Friese, Justus von Dohnányi, Axel Prahl, Jule Hermann, Andreas Schmidt
Drehbuch: Alexander Adolph
nach dem Roman von James Krüss
Kamera: Michael Hammon
Musik: Johannes Repka
Deutschland 2o17, 102 Minuten
Die Geschichte spielt im Berlin des Jahres 1920 und erzählt von dem jungen Timm Thaler, der eine besondere Gabe besitzt: Er hat ein Lachen, dessen gewinnendem Charme sich niemand entziehen kann. Als der reiche Baron Lefuet von diesem wundervollen Lachen erfährt, will er es um jeden Preis besitzen – er hofft, dadurch die Menschen leichter für sich gewinnen und manipulieren zu können. Lefuet schlägt dem Jungen einen Handel vor: Er bekommt Timms Lachen und im Gegenzug wird Timm sein Leben lang jede Wette gewinnen. Timm willigt ein, da er hofft, durch seine neue Fähigkeit die Schulden seiner Familie begleichen zu können. Aber bald merkt er, dass er mit seinem Lachen auch seine Lebensfreude verloren hat. Mit jeder gewonnen Wette scheint er härter und finsterer zu werden. Schließlich macht Timm Thaler sich auf die Suche nach dem diabolischen Lefuet, um sein Lachen zurückzubekommen...(Zusammenfassung: filmportal.de)
Vorlage für den Film ist James Krüss' Kinderroman von 1962, der auf sinnvolle Weise gestrafft und verdichtet wird. Durch neue Figuren wie Timms charmante Freundin Ida, aber auch die komischen Dämonen Behemoth und Belial wird die Geschichte kinotauglich. Die ausgreifenden Schilderungen geschäftlicher Verwicklungen werden ersetzt durch einen kurzen Animationsfilm, mit dem Baron Lefuet seinem Zögling Timm die übelsten Methoden globaler Ausbeutung erklärt. Dem Film gelingt etwas, was bereits James Krüss‘ Text auszeichnete: Eine liebevoll erzählte, fantasievolle, manchmal auch absurde Geschichte zu entwickeln und zugleich mit einem scharfen Blick die Übel der modernen Welt zu erfassen. Der Film stellt die Frage, wer oder was heute als das „Böse“ oder das „Teuflische“ betrachtet werden kann. Zum Flair der Schauplätze trägt das mondäne „Grand Hotel“ bei, aber auch der monströse Palast des Baron Lefuet und seine „Zentrale“, eine futuristische Halle mit Projektionsflächen und Leitpulten, von denen aus weiß gekleidete Dämonen die weltweiten Geschäfte des Barons steuern. Eine hochkarätige Besetzung und ausgezeichnete Kinderdarsteller machen den Film zu einem sehenswerten Vergnügen. (Burkhard Wetekam Vision Kino)
RAID DINGUE
Comédie
Réalisateur: Dany BOON
Avec Alice Pol, Dany Boon, Michel Blanc, Yvan Attal, Sabine Azéma
Scénaristes: Dany Boon, Sarah Kaminsky
Directeur/Photo: Debis Rouden
Musique: Michael Tordjman, Maxime Desprez
France 2017, 105 minutes
Johanna Pasquali est une fliquette pas comme les autres. Distraite, rêveuse et maladroite, elle est d'un point de vue purement policier sympathique mais totalement nulle. Dotée pourtant de réelles compétences, sa maladresse fait d'elle une menace pour les criminels, le grand public et ses collègues. Assignée à des missions aussi dangereuses que des voitures mal garées ou des vols à l'étalage, elle s'entraîne sans relâche pendant son temps libre pour réaliser son rêve : être la première femme à intégrer le groupe d'élite du RAID. Acceptée au centre de formation du RAID pour des raisons obscures et politiques, elle se retrouve alors dans les pattes de l'agent Eugène Froissard (dit Poissard), le plus misogyne des agents du RAID. Ce duo improbable se voit chargé d'arrêter le redoutable Gang des Léopards, responsable de gros braquages dans les rues de la capitale. Mais avant de pouvoir les arrêter, il faudrait déjà qu"ils parviennent à travailler en binôme sans s'entretuer au cours des entraînements ou des missions de terrain plus rocambolesques les unes que les autres...(Résumé: Pathé France)
Après avoir quitté la projection de SUPERCONDRIAQUE (2014) au bout d'une demi-heure de projection, Dany Boon a été inscrit sur ma liste noire de cinéastes à éviter comme la peste. L'époque où il me faisait encore rire avec BIENVENUE CHEZ LES CH'TIS sont révolus. Que cela ne vous empêche pas d'aller voir le film si cela vous dit.
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