Madre de Dios! En 58 ans de cinéphilie et après avoir vu environ 35.000 films, je dois vous avouer que je n'ai jamais rien vu de tel que SAUSAGE PARTY, un dessin très animé et limite pornographique (du moins verbalement) qui a fait s'écrouler de rire la crème de la crème des critiques luxembourgeois. Nul besoin de préciser que pour l'esprit anarchique que je suis, "Sausage Party" est le film de la semaine. N'y amenez surtout pas vos gosses! Sur une note un tantinet plus sérieuse, l'autre film de la semaine a carrément remporté la Palme d'Or à Cannes: I, DANIEL BLAKE de Ken Loach. Mais la pléthore de films intéressants ne s'arrête pas là - en fait, c'est un déluge: DOCTOR STRANGE pour les amateurs de super-héros, SING STREET pour les amateurs de musique et d'histories romantiques et TROLLS et MA VIE DE COURGETTE pour les amateurs (moins pornographes) de cinéma d'animation. Et puisque Halloween pointe le bout de son nez, attachez-vos ceintures pour plonger tête première dans la NUIT DES ZOMBIES CORÉENS ou l'avant-première de SHUT IN. Vivement les journées à 48 heures et les semaines à dix jours! Jean-Pierre THILGES
Le film de la semaine
SAUSAGE PARTY ****
Comédie "food porn"
Réalisateurs: Conrad VERNON, GREG TIERNAN
Avec les voix (v.o.) de Seth Rogen, Kristen Wiig, Edward Norton, James Franco, Michael Cera, Paul Rudd, Salma Hayek, etc.
Scénaristes: Seth Rogen, Evan Goldberg, Kyle Hunter, Ariel Shaffir
Musique: Alan Menken, Christopher Lennertz
USA 2016, 89 minutes
ATTENTION: CE FILM EST POUR ADULTES! La preuve: "Le ton irrévérencieux de ce film d’animation sert de prétexte à l’étalage de langage grossier de même qu’à des références à la consommation de drogue. Par ailleurs, les situations à caractère sexuel, si elles ne peuvent pas être qualifiées d’érotiques à proprement parler, n’en demeurent pas moins éloquentes. Ainsi les pratiques sexuelles marginales y sont-elles évoquées de manière crue et sans équivoque." (Régie du Cinéma Québec)
Dans un grand supermarché, Frank, une saucisse à hot-dog, mène une vie paisible parmi les nombreux produits de consommation. En attente d’être choisies par des acheteurs, les denrées discutent sur leur chance prochaine de partir du magasin pour un monde meilleur. Mais, à la suite d’un malheureux accident de chariot d’épicerie, la réalité leur saute aux yeux. Comprenant le sort tragique qui leur est réservé, Frank et sa nouvelle amie Brenda, un pain à hot-dog, organisent la révolte des vivres contre les humains...(Résumé: Régie du Cinéma Québec)
Si vous êtes adulte, si vous avez les idées larges, si vous aimez rigoler au cinéma, si vous savez détecter les références cinéphiles, si vous voulez passer 89 minutes à vous taper sur les fesses, si vous voulez être choqués, si le racisme ordinaire n'a pas de secrets pour vous, si vous voulez vous rouler par terre, si vous avez de l'humour, si vous n'avez pas froid aux yeux, si vous êtes dingues, SAUSAGE PARTY est LE film pour vous. Oui, c'est un dessin animé où il n'y a pas de seins animés, mais où la vulgarité est élevée au rang de chef d'oeuvre. YOU HAVE BEEN WARNED! 4 étoiles totalement assumées!
L'autre film de la semaine
I, DANIEL BLAKE ****
Drame social
Réalisateur: Ken LOACH
Avec Dave Johns, Hayley Squieres, Dylan McKiernan, Sharon Percy, John Sumner
Scénariste: Paul Laverty
Directeur/Photo: Robbie Ryan
Musique: George Fenton
GB/France/Belgqiue 2016, 99 minutes
Palme d'Or, Festival de Cannes 2016
Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l'obligation d'une recherche d'emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au « job center », Daniel va croiser la route de Katie, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d'accepter un logement à 450 km de sa ville natale pour ne pas être placée en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des aberrations administratives de la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, Daniel et Katie vont tenter de s’entraider…(Résumé: Le Pacte)
Bien que nous aurions préféré que TONI ERDMANN remporte la Palme d'Or cannoise cette année, le jury (qui a ignoré le film de Maren Ade) a décidé de donner l'accolade suprême à un film à fort caractère social (comme toujours chez Ken Loach) qui véhicule évidemment de très grandes qualités humaines et qui s'attaque de front au système de la Sécurité Sociale en Grande-Bretagne. Un drame poignant qui trouvera son public grâce à la Palme, et ça, c'est une bonne chose. 4 étoiles!
DOCTOR STRANGE
Aventures fantastiques
Réalisateur: Scott DERRICKSON
Avec Benedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor, Tilda Swinton, Rachel McAdamas, Mads Mikkelsen
Scénaristes: Jon Spaihts, Thomas Dean Donnelly, Joshua Oppenheimer
basé sur des personnages Marvel créés par Stan Lee et Steve Ditko
Directeur/Photo: Ben Davis
Musique: Michael Giacchino
USA 2016, 115 minutes
Brillant neurochirurgien, avide d'argent et peu soucieux de déontologie médicale, Stephen Strange est victime d'un accident de la route. Ses deux mains sont tellement abîmées qu'il ne peut plus exercer son métier. Alors qu'il a tenté toutes les opérations pour retrouver sa dextérité, c'est un homme fini. Il se rend dans l'Himalaya à la rencontre d'un guérisseur surnommé l'Ancien. C'est en fait un maître des sciences occultes, qui l'initie aux arts mystiques. Transformé et regrettant ses erreurs passées, il décide de lutter contre les forces du mal...(Résumé: Télérama)
Un nouveau héros de l'écurie Marvel fait irruption sur vos écrans et comme il porte les traits (plutôt agréables, diront les dames) de Benedict Cumberbatch, on peut être pratiquement certain que le succès sera au rendez-vous. Si le nom du réalisateur Scott Derricksaon ne vous dit rien, sachez qu'il a réalisé le remake de "The Day the Earth stodd still", "Sinister" et "The Exorcism of Emily Rose".
"Generally speaking, there’s less room for directors to experiment when introducing new heroes, and yet Doctor Strange’s tangential standing within the Marvel canon allows a welcome degree of freedom, while the supernatural dimension of his gifts permits filmmaker Scott Derrickson to bend the rules a bit more than his peers — not enough, some would argue. Like “Spider-Man” director Sam Raimi, Derrickson hails from the world of schlock horror, where he made such seat-jumpers as “The Exorcism of Emily Rose” and “Sinister”." (Peter Debruge/Variety)
SING STREET ***
Comédie musicale et dramatique
Réalisateur, scénariste: John CARNEY
Avec Ferdia Walsh-Peelo, Lucy boynton, Jack Reynor, Maria Doyle Kennedy, Aidan Gillen
Directeur/Photo: Yaron Orbach
Musique: Gary Clark, John Carney
Irlande/GB/USA 2016, 106 minutes
Festival de Deauville 2016, British Irish Film Season 2016
Dublin, années 1980. La pop, le rock, le métal, la new wave passent en boucle sur les lecteurs K7, vibrent dans les écouteurs des walkmans et le rendez-vous hebdomadaire devant « Top of the Pops » est incontournable. Conor, un lycéen dont les parents sont au bord du divorce, est obligé à contrecœur de rejoindre les bancs de l’école publique dont les règles d’éducation diffèrent de celles de l’école privée qu’il avait l’habitude de fréquenter. Il se retrouve au milieu d’élèves turbulents qui le malmènent et de professeurs exigeants qui lui font rapidement comprendre qu'en tant que petit nouveau, il va devoir filer doux. Afin de s’échapper de cet univers violent, il n’a qu’un objectif : impressionner la plus jolie fille du quartier, la mystérieuse Raphina. Il décide alors de monter un groupe et de se lancer dans la musique, univers dans lequel il ne connait rien ni personne, à part les vinyles de sa chambre d’adolescent. Afin de la conquérir, il lui propose de jouer dans son futur clip. (Résumé: Mars Films)
Un des films les plus attachants présentés dans le cadre de la British-Irish Film Season 2016. Imprégné de la musique et de l'atmosphère des années 1980 en Irlande, le film propose une vision un tantinet romantisée mais tout à fait charmante de cette époque mouvementée, tout en s'aventurant sur le terrain du "feelgood movie" que le réalisateur assume à merveille. Acteurs convaincants et musique entraînante. Pour les jeunes et les moins jeunes! Du cinéma "britannique", un peu en contrepoint de "I, Daniel Blake". 3 étoiles!
MA VIE DE COURGETTE
Dessin animé, drame
Réalisateur: Claude BARRAS
Avec les voix (v.o.) de Michel Vuillermoz, Gaspard Schlatter, Sixtine Murat, Paulin Jaccoud
Scénaristes: Céline Sciamma, Claude Barras
d'après le livre de Gilles Paris
Directeur/Photo: David Toutevoix
Musique: Sophie Hunger
France 2016, 66 minutes
Prix du long-métrage et Prix du Public, Festival d'Annecy 2016
Quinzaine des Réalisateurs, Cannes 2016
Courgette n’a rien d’un légume, c’est un vaillant petit garçon. Il croit qu’il est seul au monde quand il perd sa mère. Mais c’est sans compter sur les rencontres qu’il va faire dans sa nouvelle vie au foyer pour enfants. Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice : ils ont tous leurs histoires et elles sont aussi dures qu’ils sont tendres. Et puis il y a cette fille, Camille. Quand on a 10 ans, avoir une bande de copains, tomber amoureux, il y en a des choses à découvrir et à apprendre. Et pourquoi pas même, être heureux...(Résumé: Gebeka Films)
"Entre la poésie intimiste d'un Tim Burton et la force sociale d'un Ken Loach en herbe, Claude Barras pétrit le malheur pour lui donner la forme, éclatante et joyeuse, de l'espoir. Et c'est bouleversant, à n'importe quel âge." (Télérama) "Ce film intelligent, réaliste et positif, conte la renaissance d’un enfant après une tragédie familiale. Une leçon de résilience qui s’appuie sur la force de l’amitié, de l’amour et de la bienveillance : remarquable à tout point de vue !" (Les Fiches du Cinéma) "Ma vie de Courgette" est un film ultra-stylisé mais profondément incarné. C'est aussi une oeuvre d'une certaine modestie (..) qui fait passer énormément de choses sur l'enfance, la différence, la construction de soi, l'altérité, avec une concision, une finesse et une précision impeccables." (Les Inrockuptibles)
TROLLS
Animation numérique
Réalisateurs: Mike MITCHELL, Walt DOHM
Avec les voix (v.o.) de Anna Kendrick, Justin Timberlake, Gwen Stefani, Russell Brand, John Cleese, Zooey Deschanel
Scénaristes: Jonathan Aibel, Glenn Berger
Directeur/Photo: Yong Duk Jhun
Musique: Christophe Beck, Justin Timberlake
USA 2016, 93 minutes
Poppy est la cheffe des Trolls, des petites créatures connues pour leur crête de cheveux fluo et magiques. La jeune fille, drôle et créative, chante tout le temps et est toujours de bonne humeur. Un cauchemar pour Branche, qui, agacé face à tant de joie de vivre, préfère vivre seul dans son bunker. Mais ces deux êtres que tout oppose vont devoir faire équipe quand un Bergen, un monstre immense et poilu, attaque la communauté et enlève tous les enfants. Ensemble, Poppy et Branche partent à leur secours. De multiples obstacles les attendent alors qu'ils tentent de mener à bien leur mission...(Résumé: Télérama)
Produit par le studio Dreamworks qui semble avoir perdu un peu de sa verve récemment. Bien évidemment, les Trolls sont charmants et ils seront surtout visités par les bambins (et leurs parents) puisque les vacances de la Toussaint commencent ce weekend.
"Bienvenue au rayon fillette des studios Dreamworks : promo sur les Trolls, poupées tellement trop choupinoutes qu'elles en deviennent flippantes. Existent en rose bonbon, à paillettes..." (Télérama)
Deux films pour les très petits
En avant-première
Et, pour terminer en beauté: La Nuit des Zombies Coréens
TRAIN TO BUSAN
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